La fortune des Rougon d'Emile Zola
Cela fait un peu plus d’un an que j’ai lu mon premier Zola : c’était l’Assomoir .Dès les premières pages j’ai été conquise par son écriture, qui pourtant ne faisait pas l’unanimité. Depuis, Zola fait parti de mes écrivains « chouchous » que j’affectionne tout particulièrement. J’avais ensuite lu Nana, histoire de renouveler l’expérience, puis La bête humaine et le Bonheur des dames. Oui, j’ai lu dans le désordre. Alors j’ai décidé de lire le premier, histoire de voir comment tout cela commence. La plume de Zola m’avait manqué, oui, je le dis, au risque de passer pour une folle (mais je suis sûre qu’ici je ne dois pas être la seule à aimer cette plume, n’est-ce pas ?). J’aime ses descriptions minutieuses. J’aime le développement de la psychologie de ses personnages, cette ambiance si particulière qu’il réussit si bien à installer.
Le développement de l’histoire est cependant, ici, particulier. On découvre tout d’abord Silvère, on ne sait pas d’où il sort, juste qu’il veut une République et la Liberté. Avec lui, il y a Miette, plus jeune que lui, qui l’aime et veut le suivre. Ensuite, on découvre, (enfin) les Rougon-Macquart. Et on découvre par la même occasion pourquoi, quand on lit les différents volumes, on a l’impression qu’ils sont tous fous. Adélaïde a des comportements excessifs. Oui, tout en elle est excessif. Alors qu’elle hérite d’une fortune, elle se prend d’amour pour un pauvre. Elle aurait pu se trouver un homme quelque peu fortuné, qui aurait été attiré par sa fortune, mais non. Avec lui elle a un enfant, Pierre Rougon. Mais le père de Pierre meurt, et Adélaïde se reprend de passion pour un autre homme, un Macquart. Cet amour fait un scandale dans le village. (Imaginez un peu !) Ils ne se marient pas, se voient juste en cachette, et naîtront deux enfants : Antoine et Ursule Macquart. Mais entre les trois enfants, il y aura des rivalités. Pierre veut tout l’argent d’Adélaïde, considérant qu’il est l’enfant légitime, et que les deux autres n’ont pas le droit de toucher l’argent.
La Fortune des Rougon, c’est la description du coup d’Etat, vu par un petit village du Sud. Zola nous montre comment les bourgeois et les paysans ont vécu la naissance de l’Empire et comment certains se sont alliés pour défendre la République. D’autres, comme Pierre Rougon par exemple, ne défende une cause que si elle peut le servir par la suite. Dans ce roman, c’est le commencement des Rougon-Macquart. J’ai retrouvé avec plaisir Gervaise, qui est la fille d’Antoine. Ce premier volume annonce une famille haute en couleur, où les personnages étonneront toujours le lecteur.
En bref, un pur moment de bonheur, grâce à une intrigue intéressante, mêlée à une écriture hors du commun. (Eh oui, Emile Zola est unique !)