Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell

Publié le par paradoxale

Je viens de finir le roman, et il faut absolument que je vous en parle. J’avais commencé par regarder la minisérie, et il fallait que je lise le roman. Que dire ? à part que c’est un gros gros coup de cœur ! L’année 2010 commence très bien, au niveau lecture.

Ce roman réunit tous les ingrédients pour plaire à une lectrice comme moi. Il y a une histoire d’amour passionnée, intense, bouleversante ! Mais pas que…Il y a une peinture du monde ouvrier au XIXe siècle en Angleterre, un véritable côté social qui nous fait prendre conscience qu’en Angleterre, les gens n’étaient pas tous obnubilés par les mariages. Et par-dessus tout, une écriture fabuleuse, par laquelle on se laisse porter au gré des pages.

 

Mais parlons d’abord de l’héroïne. Margaret Hale, une jeune fille assez hautaine dans ses manières, mais douce et agréable, et très belle. Sonnord-et-sud-Elizabeth-Gaskell.jpg père est pasteur, et Margaret a vécu à Londres, chez sa tante Shaw, et avec sa cousine Edith. Lorsque sa cousine s’est mariée, Margaret est retournée à Helstone vivre avec ses parents. Mais au bout de quelques temps, ils déménagent dans le Nord. Bon, ceci n’est qu’un petit résumé, mais j’ai cru comprendre que beaucoup de blogolectrices connaissaient l’histoire. Pour en revenir à Miss Hale, j’ai beaucoup aimé son personnage. Je l’ai trouvé attachante, et on peut voir une véritable progression du début vers la fin. Margaret évolue, et pas qu’un peu ! Elle subit les coups du sort avec héroïsme, vraiment. Elle n’a d’ailleurs, par là, rien à voir avec sa cousine Edith, ou Fanny Thornton, jeunes filles sujettes aux évanouissements et mal en tout genre. Par ailleurs, Margaret n’a pas du tout en tête l’idée de faire un beau mariage (entendez par là, un mariage avec un homme riche évidemment). Et par là encore, elle se différencie d’une jeune fille « normale ».  

Dans ce roman, nous pouvons aussi voir les différences entre le Nord et le Sud. Le Sud, où l’on a l’impression qu’il fait toujours beau, où l’on entend le chant des oiseaux, où l’herbe est verte…Bref, le Sud, pour Margaret au début, est un véritable paradis. Alors, quel choc lorsqu’elle arrive à Milton ! On ne voit plus le ciel tellement la fumée le cache, et l’on se demande si, en respirant, nous ne gâchons pas notre santé. La vie y est misérable. Alors que les pauvres, dans le Sud, semblaient heureux, ici on peut voir le poids de la misère sur leurs visages. Bref, Margaret n’a qu’une envie, retourner dans le Sud.

Mais elle fait la connaissance de Nicolas Higgins, et de sa fille Bessy. Alors notre Margaret oublie son chagrin, et s’occupe d’eux. Elle qui ne connait rien au monde ouvrier, va se surprendre à s’y intéresser, et même au bout du compte, à le comprendre.

Mais nous avons une autre vision du monde ouvrier, celle du patron. Mr Thornton est patron d’une usine de coton, et par ses conversations avec le père de Margaret (dont il est l’élève), nous voyons ce qui le préoccupe dans son entreprise. Ainsi, avoir la vision de l’ouvrier et du patron est très intéressant.

 

Et l’écriture d’Elizabeth Gaskell m’a littéralement scotchée. Ses descriptions sont merveilleuses, et j’ai été happée par sa plume. J’ai adoré les passages où Mr Thornton voit Margaret, où il l’admire, c’est vraiment magnifique. Je ne peux d’ailleurs pas résister à l’envie de vous mettre un passage.

 

« Sa beauté le frappa de plein fouet : ce cou rond, blanc et flexible qui s’élevait au-dessus de son buste à la fois souple et épanoui ; ces lèvres, qui bougeaient si peu lorsqu’elle parlait que son expression froide et sereine n’en était nullement modifiée, non plus que la courbe harmonieuse et hautaine de ses sourcils ; ces yeux, sombres et doux, qui fixaient les siens avec une franchise tranquille et réservée. Avant la fin de leur conversation, il en était presque arrivé à la conclusion qu’elle lui déplaisait, s’efforçant de corriger ainsi le sentiment de mortification qu’il éprouvait en constatant qu’il la regardait avec une admiration difficile à réprimer, tandis qu’elle le considérait avec une indifférence hautaine et le prenait, pensait-il, pour ce que, dans son irritation, il s’imaginait être : un grand gaillard mal léché, dépourvu des grâces et raffinements de l’homme du monde. Il interpréta la froideur tranquille de Margaret comme du mépris et en conçut un tel dépit qu’il dut lutter contre l’envie de se lever et de partir pour ne plus avoir affaire à ces Hale, avec leurs airs sourcilleux.  » page 78

 

Et il y aurait encore tellement de choses à dire sur ce roman, que je ne pourrais tout citer. Je préfère laisser découvrir, pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, ce merveilleux roman.

Je n’ai pas envie de quitter ces personnages, que j’ai suivis tout au long de ces 500 pages. J’aurai aimé prendre plus de temps pour le lire, mais j’étais tellement prise dans l’histoire, que je ne pouvais faire autrement que de le dévorer.

Et celle lecture s'inscrit parfaitement dans leChallenge English Classics de Karine :)  EnglishClassicsMaxi-copie-1.jpg

Publié dans Littérature anglaise

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Commenter cet article

Nadège/LadyScar 09/04/2010 19:37


Je le rajoute à ma liste (^_^)


Nadège/LadyScar 08/04/2010 11:15


Très beau livre apparemment, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire (◡‿◡✿)
Moi aussi je participe au Challenge English Classic!


paradoxale 08/04/2010 12:51



Je te le conseille ce livre, il est superbe ! ;)



maggie 09/02/2010 22:35


Voici un livre qui me tente et qui va s'ajouter à ma LAL !


paradoxale 10/02/2010 11:24


J'en suis ravie ;)  J'espère que tu aimeras !


Karine :) 09/02/2010 21:46


J'ai vraiment aimé aussi... et l'adaptation est un parfait complément!!! Je vais d'ailleurs bientôt le relire, je crois!


paradoxale 10/02/2010 11:25


Je l'ai emprunté à la bibliothèque, mais je crois que je vais l'acheté, pour relire quelques fois des passages ^^


keisha 09/02/2010 18:24


Un beau roman que j'ai aimé aussi. Ecrit des décennies après Jane Austen, d'ailleurs, pas du tout le même monde. Verrait-on Jane Austen en train?
Très subtil, et il existe une adaptation BBC bien intéressante.


paradoxale 09/02/2010 18:33


Oui j'ai vu l'adaptation de la BBC, que j'ai beaucoup aimé (L)