Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée de Jean d'Ormesson

Publié le par paradoxale

le-vagabond-qui-passe-sous-une-ombrelle-trouee.jpg

Ces derniers temps, j’avais très envie de découvrir Jean d’Ormesson. Le Salon du Livre à Paris était pour moi l’occasion de choisir un de ses nombreux livres proposés, notamment au Pavillon des 30 ans. J’ai choisi ce livre pour son titre. J’étais assez curieuse de découvrir ce que racontait ce livre, à cause de ce titre plutôt énigmatique.  Et je l’ai commencé le lendemain. Je vous  le dis tout de suite, j’ai adoré. J’ai plongé très rapidement dans le récit. J’ai beaucoup apprécié la plume de Jean d’Ormesson, à laquelle j’ai été très sensible. Ce n’est pas un roman, et pourtant l’auteur nous raconte l’histoire de ses ancêtres. Ce n’est pas une autobiographie, cependant, il nous parle de lui. Alors, c’est quoi, concrètement ? Difficile de définir le genre. A un certain moment, le récit me faisait penser à Souvenirs Pieux de Marguerite Yourcenar, où l’académicienne qui avait entrepris une autobiographie, parlait de toute sa famille, et très peu, voire pas du tout, d’elle. Ainsi, dans Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée, Jean d’Ormesson nous parle de son père, de sa mère, d’ancêtres…Il nous offre un bel aperçu de la société du XXe siècle, ce qui m’a parut très intéressant. Mais l’écrivain se raconte aussi, et j’ai découvert une personne que j’aimerai beaucoup rencontrer. Il dit des choses qui fâchent, et s’en moque. Il joue d’une fausse modestie avec malice et humour. Il dit tout simplement ce qu’il pense. Il évoque ses années passées à la direction du Figaro. Lui qui ne savait pas quoi faire, enfant, lui, dont le père s’inquiétait pour son avenir, le voilà élu au poste de directeur du Figaro. C’est ainsi qu’il évoque la difficulté d’être journaliste et écrivain. Mais il soulève également des questions intéressantes, et même s’il avoue ne pas en avoir les réponses, il nous ouvre des portes pour les trouver. C’est ainsi que se pose la question du juste milieu, entre conservatisme et modernisme, traditions et modernités, souvenirs et espoirs, passé et futur. Jean d’Ormesson ne parle donc pas que de lui, il parle de notre société, du passé et du présent. J’ai apprécié ces interrogations. C’était très profond, sans être ennuyeux un seul instant, et avec une écriture très agréable à lire.

 

Lors de la lecture, on a l’impression de presque tout savoir de Jean d’Ormesson. On lit les aventures de ses ancêtres, on en est touché. Il construit son existence sous nos yeux, et pourtant, quelques pages avant la fin, il détruit tout. Il le dit lui-même, n’aurait-il pas tout inventé ? Il écrit des histoires, pourquoi, ce qu’il vient de dire, ne serait-il pas pure création ? Alors on remet tout en doute. Fallait-il le croire, ou non ? J’ai adoré cet aspect. C’était comme si l’auteur nous filait entre les doigts. Je croyais le détenir, et il s’échappe. N’est-ce pas ça, après tout, un écrivain ? Où est la limite entre fiction et réalité ? Seul lui le sait.

 

Ce premier livre de Jean d’Ormesson que je lis ne sera donc pas le dernier. Me plonger dans ce bouquin m’a énormément plu, et j’en ai savouré chaque phrase, chaque mot. Un coup de cœur ? Oui, sûrement. Une très belle découverte. Histoire à poursuivre…

 

Seul petit regret : le monsieur ne venait pas le samedi du Salon du Livre.  J’aurai aimé le rencontrer. Un jour, peut-être…

 

Au fait, pour revenir au titre, il vient en fait d’une citation de Mao Zedong. D’ailleurs, les dernières pages sont consacrées à ce titre, et Jean d’Ormesson nous en offre une très belle explication joliment imagée.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Saleanndre 27/06/2010 14:24


Sympa ton article, ça me donne envie de découvrir l'autobiographie de l'auteur d'"Au plaisir de Dieu", un roman que j'avais adoré. Il s'agit de la chronique d'une famille aristocratique dont les
valeurs sont rattrapées par la guerre, la modernité, le monde... Je te le conseille!


paradoxale 09/07/2010 17:29



Je note ;)



corelie 19/04/2010 23:50


Très bel article, ça me donne très envie de découvrir ce bouquin. En le lisant je retrouve les impressions que j'avais eu lors de mes lectures des autobiographies d'Amélie Nothomb, une histoire
difficile à résumer, mais une plume irrésistible qui scotche le lecteur. Alors je le note :)


paradoxale 21/04/2010 17:54



Merci =)


Oui, c'est assez difficile de résumer ce genre de livre, mais la lecture en est délicieuse !



LN 15/04/2010 13:59


C'est vrai qu'après une lecture d'un de ses livres on ressort toujours avec l'impression d'avoir appris des milliers de choses sur plein de sujets différents :-)


paradoxale 16/04/2010 11:15



Exactement !



Leyla 10/04/2010 22:01


Je le note alors surtout s'il existe en folio :D


Anne Sophie 10/04/2010 21:24


je lirai ce titre avec plaisir. mais bon budjet serré alors j'attends la sortie en poche :)


paradoxale 10/04/2010 21:27



Je te rassure, ce livre est sorti il y a pas mal d'années, et il est déjà sorti en poche ! J'ai cherché vite fait sur internet pour m'en assurer, et j'ai vu qu'il existait en Folio =)