La princesse de Clèves de Mme de Lafayette

Publié le par paradoxale

Qui n’a jamais entendu parler de La princesse de Clèves ? Surtout ces derniers temps, oserai-je dire. J’avais étudié deux extraits de ce roman, pour les épreuves anticipées de français. Alors, lorsque j’ai vu, pendant les vacances de Noël, ce bouquin, je n’ai pas hésité. D’autant plus que la couverture est magnifique, et il y a de très belles illustrations! J’ai donc profité de mes vacances pour lire ce roman, considéré comme étant le premier roman développant une psychologie des personnages, dans la littérature française.

On pourrait être effrayé en lisant les premières pages. Mme de Lafayette met en place son histoire, et il y a une multitudP2193462.JPGe de noms. Mais quelque pages plus loin, on découvre la princesse de Clèves, encore jeune fille. Sa beauté est sans pareille. Le prince de Clèves tombe fou amoureux d’elle, et après de multiples demandes venant d’hommes de la cour, il réussit à l’épouser. C’est donc d’abord l’amour du prince de Clèves pour sa future femme que nous découvrons. Son amour est touchant. Et même si la princesse de Clèves ne parait pas malheureuse de devoir l’épouser, on sait qu’elle ne l’aimera jamais comme lui l’aime.

Puis la princesse de Clèves fait la connaissance de M. de Nemours. Un homme galant, qui a déjà eu de multiples relations avec des dames de la cour. Aucune ne lui résiste. Mais il tombe amoureux de la princesse de Clèves. Elle-même se prend de passion pour lui, mais sa vertu l’empêche de montrer son inclination pour lui. C’est donc ce combat, entre l’amour et la vertu, entre la passion et la raison, qui domine Mme de Clèves. Et ce, jusqu’à la fin du roman.

Tout est donc question de passion ici : la passion de M. de Clèves pour son épouse, celle de M. de Nemours pour la princesse de Clèves, et celle de cette dernière pour M. de Nemours.

J’ai été touchée par la passion entre M. de Nemours et la princesse de Clèves, mais plus encore par l’amour que porte M. de Clèves pour sa femme. Je le trouve admirable et particulièrement touchant. D’ailleurs, la scène où la princesse de Clèves avoue sa passion à son mari est magnifique. Je l’avais étudiée l’année dernière, et j’avais beaucoup aimé cet extrait.

P2193463.JPGMme de Clèves est un personnage intéressant à étudier. D’un côté je la trouve très forte et courageuse, en décidant de ne pas céder à M. de Nemours, pour sa vertu et pour son mari. Plus d’une femme aurait céder, sans penser aux conséquences. Mais d’un autre côté, je pense qu’elle a peur de l’amour. A la mort de son mari, elle peut se marier avec M. de Nemours, mais elle refuse. Elle a peur que M. de Nemours ne se lasse d’elle une fois mariés, et qu’il ne se prend de passion pour une autre femme. Elle a peur de ressentir de la jalousie, et de vivre avec cette angoisse constante de perdre l’être aimé. De ce côté, ce roman du XVIIe siècle pourrait rendre compte des sentiments qui peuvent encore nous habiter.

 

Par ailleurs, ce roman nous offre une belle description de la cour. Les moindres faits et gestes sont épiés et racontés, et le moindre pas de travers peut ruiner votre réputation. Il faut faire attention aux expressions de votre visage, surtout ne pas rougir, ne montrer ni surprise ni colère ou affliction. Toujours porter un masque. Ne jamais montrer ses sentiments. La cour, le théâtre de la vie. Et là, ca me fait penser auxLiaisons dangereuses de Laclos, mais c’est une autre histoire…

 

En bref, une lecture plus qu’agréable, notamment grâce à l’écriture de Mme de Lafayette. J’aime ce style du XVIIe siècle, très soutenu, mais magnifique. Peut-être un livre à lire au moins une fois dans sa vie, pour le plaisir, ou pour découvrir le premier « vrai » roman psychologique  de la littérature française.

 

Et pour le plaisir, un extrait. Mme de Clèves a avoué sa passion à son mari, sans lui dire l’objet de son amour. Quelques temps après, on apprend à la cour, qu’une femme a avoué à son mari  qu’elle était prise de passion pour un autre homme. On ne sait pas qui est cette femme, ni qui est l’homme. Mais Mme de Clèves ne sait pas qui a pu raconter cela, puisqu’elle se croyait seule, lorsqu’elle s’était confessée à son mari. Elle ne savait pas que M. de Nemours se cachait, non loin d’eux. Elle soupçonne donc son mari.

 

« N’en doutez pas, madame, répliqua M. de Clèves, vous vous êtes trompée ; vous avez attendu de moi des choses aussi impossibles que celles que j’attendais de vous. Comment pouviez-vous espérer que je conservasse de la raison ? Vous aviez donc oublié que je vous aimais  éperdument et que j’étais votre mari ? L’un des deux peut porter aux extrémités : que ne peuvent point les deux ensemble ? Eh ! que ne sont-ils point aussi, continua-t-il ; je n’ai que des sentiments violents et incertains dont je ne suis pas le maître. Je ne me trouve plus digne de vous ; vous ne me paraissez plus digne de moi. Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon ; je vous admire, j’ai honte de vous admirer. Enfin il n’y a plus en moi ni de calme, ni de raison. Je ne sais comment j’ai pu vivre depuis que vous me parlâtes à Coulommiers et depuis le jour que vous apprîtes de Mme la Dauphine que l’on savait votre aventure. Je ne saurais démêler par où elle a été sue, ni ce qui se passa entre M. de Nemours et vous sur ce sujet ; vous ne me l’expliquerez jamais et je ne vous demande point de me l’expliquer. Je vous demande seulement de vous souvenir que vous m’avez rendu le plus malheureux homme du monde. »


Si vous voulez d'autres avis, lisez le billet de George.                    

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florent 06/05/2010 09:40


je vous propose une traduction http://cleves.rstin.com


constance93 14/03/2010 21:55


je l'ai lu aussi : trop de personnages mais une intrigue simple. en plus, la psychologie des personnages est facilement utilisable dans les dissert' ^^


paradoxale 19/03/2010 16:41


Oui, le début est assez lourd, mais c'est un pur régal ! Et pour les dissert, ca fait classe de citer Madame de Lafayette


Bénédicte 24/02/2010 15:51


je l'ai lu il y a bien longtemps et je l'avais apprécié ce serait amusant de le relire après tant d'années


paradoxale 25/02/2010 19:49


En effet, ce serait intéressant de voir quelle lecture tu en ferais aujourd'hui !


Fleur 20/02/2010 11:35


Ton billet est très bien écrit que je trouve. J'ai ce roman dans ma PAL depuis longtemps et je ne l'ai toujours pas lu. Là, tu m'as convaincue de m'y mettre!


paradoxale 20/02/2010 11:38


Merci, ca me fait plaisir =)  Si je t'ai convaincue alors je suis contente =D
J'espère que tu aimeras ;)


100choses 19/02/2010 21:22


Il est dans ma PAL, plus par curiosité que par réel intérêt, je dois dire. J'espère qu'il me plaira.


paradoxale 19/02/2010 22:10


J'espère aussi qu'il  te plaira ;)