Le bonheur n'attend pas ou Laetitia face à son destin de Marie Fontaine

Publié le par paradoxale

A l’occasion de la journée et de la nuit du livre à Esquelbeck, j’ai pu me promener parmi des quantités de livres. Des livres d’occasion comme des livres neufs. Il y avait des maisons d’édition présentes, et bien sûr, ils donnaient tous envie d’acheter leurs livres. Mon choix s’est arrêté sur un livre de la maison du Riffle. Il faut dire que l’argument que l’on m’a sorti n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde : « c’est dans le style de Voltaire, un peu comme  Candide mais à notre époque. » Il n’en fallait pas plus pour me décider. Pour vous présenter le livre, je vous mets la quatrième de couverture :

 

"Le onze novembre de l’an béni Mil neuf cent septante et un, sur les coups de onze heures passés de onze minutes, dix-neuf secondes et septante et un centièmes, une petite grenouille de huit livres à forme humaine poussa son premier cri strident, en ouvrant tout grand sa toute petite bouche encore ruisselante du sang et du reliquat des eaux expulsés par sa maman aux anges..."

A la fois héritier du conte philosophique et du roman réaliste, Le Bonheur n’attend pas met en scène une héroïne intelligente et curieuse aux prises avec un monde où chimères, faux-semblants et miroirs aux alouettes risquent de brouiller les cartes.
Dans ce premier roman alerte et surprenant, Marie Fontaine sourit avec une tendre ironie des déboires parfois picaresques d’une jeune femme de notre temps.

 

Dès les premières lignes, le ton est donné : le père de Laetitia glisse sur le liquide amniotique et meurt. Je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant cela. Malgré la tristesse de l’événement, il faut avouer que cette mort est plutôt comique. Et c’est comme cela tout au long du livre. On suit Laetitia, son enfance, son adolescence, son entrée dans le monde des adultes. Je me suis très vite attachée à cette petite fille avide de connaissances, curieuse de tout savoir, le nez plongé dans les livres. Elle n’est pas servie, avec une mère qui vit selon l’astrologie et autres croyances en tout genre, et avec un beau-père qui vit reclus dans son grenier, à étudier les martiens selon les dires de sa mère. De plus, sa petite sœur n’est pas de celle dont on rêve. Désirée est trop choyée par sa mère, c’est une petite peste qui se moque de tout. Bref, comment bien démarrer dans la vie avec une famille pareil ?

On ressent bien l’évolution du personnage au fil de l’histoire, ce qui fait qu’on pourrait considérer ce roman comme un roman d’apprentissage. Au début, Laetitia fait tout pour aider sa mère, quitte à payer elle-même le crédit de la maison. C’est elle qui va partir après les traces de sa sœur pour savoir ce qu’elle a pu faire à l’autre bout du pays, c’est elle qui s’occupe de tout. Mais son but ultime dans la vie, c’est trouver le grand amour, un homme bien, comme elle. Elle apprendra que le grand amour n’existe pas forcément, et qu’il faut parfois se contenter de ce que l’on a. Si au début j’aimais beaucoup ce personnage, je dois avouer qu’à la fin, Laetitia m’agaçait. Pourtant, cet agacement n’a pas gâché ma lecture, loin de là. Au contraire, cela m’a montré qu’à force de vouloir que tout soit parfait, on ne profite pas assez de ce que l’on a. Laetitia trouve toujours quelque chose qui ne va pas, trouve toujours un défaut quelconque chez ses partenaires, et ainsi, elle gâche pas mal sa vie. Dans sa vie, elle a des surprises, des bonnes et des mauvaises, comme tout le monde, mais elle s’attriste trop sur son cas. Elle trouve toujours que le sort s’acharne sur elle. C’est vrai qu’elle n’a pas beaucoup de chance, mais au lieu de passer à autre chose, elle pense toujours à ses malheurs. Encore une leçon que l’on peut en tirer : malgré les malheurs, il faut continuer à vivre, à chercher des points positifs.

J’ai beaucoup aimé cette lecture. L’écriture est originale, très proche de celle de Voltaire, et pourtant, Marie Fontaine est bien une auteure de notre temps ! J’aime bien les petites phrases au début des chapitres, complètement dans le style de Candide ! Ca m’a fait plaisir de constater qu’aujourd’hui, on pouvait avoir envie d’écrire comme au XVIIIe siècle. L’histoire est tendre mais ironique, drôle mais attachante. Marie Fontaine m’a totalement conquise ! Ce livre, je vous le conseille !


PS : L'image est floue, mais je n'ai trouvé que ça. Je vais la changer car je n'ai pas cette couverture là.  

 

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Schlabaya 04/08/2009 10:28

Sympahique ! Je dis avouer que le titre du roman m'avait fait très peur... Mais je suppose qu'il est à prendre au second degré.

paradoxale 05/08/2009 18:06


Ou ic'est vrai que le titre est un peu bizarre ^^ Mais le livre est génial !